Mobilier

Elément dominant dans le choeur, le maître-autel d’un blanc immaculé, rehaussé de délicats décors de bronze doré, a été taillé dan du marbre de Carrare en 1911, également par Klem. Remarquons la qualité de ce travail et la finesse des deux médaillons latéraux y sculptés en relief.

Les stalles - les formes en langage de jadis - sont celles qui ont servi aux religieux bâtisseurs du sanctuaire au XVIIIe siècle. On reconnaît, grâce à son élégant décor latéral sculpté, le siège du Prieur, le plus rapproché de l’autel. A proximité, l'ombrellino et le tintinnabulum, symboles attribués à la basilique mineure.

L’abside nord est celle de l’autel de la Vierge Miraculeuse.

Bien qu’ayant subi quelques minimes modifications au fil des temps, il nous est parvenu pratiquement à l’état d’origine, tout revêtu de dorures et de faux marbres. Conçu pour l’exposition de la Pièta - la Vierge Miraculeuse - , ses quatre colonnes au décor de feuillages ajouré supportent un entablement cintré surmonté lui-même d’une superstructure d’arabesques de laquelle émerge Dieu le Père, bénissant par-delà le Saint-Esprit sous forme de colombe d’argent, son Fils mort maintenu sur les genoux de sa Mère. Un imposant Cœur blessé, ceinturé d’une couronne de nuages, rayonne au-dessus de l’ensemble de la composition.

L’autel de l’absidiole sud est de réalisation plus sobre, bien que datant de la même époque que le premier. Les deux meubles pourraient être l’œuvre de Jean-Antoine Werlé, originaire de Guebwiller. Moins élaboré que l’autel de la Vierge, il sert de cadre à deux toiles peintes. La plus ancienne (XVIIIe siècle) représente la Mère portant l’Enfant sur ses genoux et, prosternés à ses pieds, saint Odilon et saint Simon Stock. Sur la toile supérieure on reconnaît sainte Anne en compagnie de Marie, enfant, et de saint Joachim.

Les autels accolés aux deux piliers à l’entrée du choeur, de facture plus récente, portent deux statues : le Sacré-Cœur à gauche (œuvre en terre cuite de 1900 environ), saint Joseph assis avec l’Enfant à droite, beau travail d’un atelier de Munich d’avant 1870.

Plus avant, sur le côté gauche du milieu de la nef, s’enroule autour d’un pilier une intéressante chaire à prêcher en bois sculpté, peinte en faux marbre blanc relevé de frises végétales et de panneaux à feuilles d’acanthe dorés. Un lambris, orné en bas-relief de l’effigie dorée du Bon Pasteur relie à la cuve l’abat-voix surmonté d’une élégante composition de volutes avec bouquet sommital.

La cuve repose sur la tête d’un atlante de grandeur naturelle, en l’occurrence Samson menaçant de sa mâchoire d’âne...

Primitivement des représentations des quatre Evangélistes étaient peintes sur les panneaux de la  rampe de l’escalier d’accès.

Un petit autel de saint Antoine, de l'entre-deux-guerres, au fond de l’église, un lambrissage avec une console supportant la statue de sainte Thérèse complètent dans le fond de l’église, avec deux confessionnaux anciens encastrés dans le mur sud, l’inventaire du mobilier.

Ne passons pourtant pas sous silence les abouts des bancs en fonte moulée, dessinées par J.J. Graff de Guebwiller et réalisés par la fonderie Latscha de Jungholtz en 1899.

L’orgue actuel, signé Fischer et Krämer, est le résultat d’une transformation fondamentale de l’instrument ancien, très fatigué, en 1992, en conservation du buffet ancien ainsi que des éléments réutilisables. La tribune, de conception quelque peu rudimentaire, aurait sans doute mérité un plus grand effort d’imagination afin de mieux être intégrée dans son ensemble somme toute assez harmonieux.

La voix de l’instrument, l’acoustique du bâtiment compensent pourtant heureusement ce défaut d’esthétique.

L’autel, peint en faux marbre rehaussé d’or à l’entrée du choeur, l’ambon y assorti, sont des créations modernes de 1998. Un lutrin, entièrement doré, a complété l’ensemble des sièges et crédence de style Louis XIV qui meublent le choeur depuis sa restauration des années 20.

Notre-Dame de Thierenbach abrite en ses murs plusieurs statues intéressantes.

La plus connue, la plus importante et la plus ancienne, est la Pietà - la Vierge de Pitié -. Nommée la "Vierge Miraculeuse", elle provient très probablement du XIVe siècle. Elle a pris place dans le retable le plus remarquable de l'église, sur l'autel de l'absidiole nord. En face de l'impressionnant Samson, support de la chaire, est fixé un Christ en croix d'importantes dimensions en bois sculpté polychrome daté du XVIIIe siècle.

            Sur la face intérieure des piliers de la nef, quatre consoles portent des statues, pareillement en bois peint et doré. Saint Benoît, moine de noir vêtu au regard interrogateur, fait face à sainte Marguerite au dragon guettant à ses pieds. Sainte Catherine avec la roue de son supplice, voisine avec sainte Barbe, ciboire en main. Ces statues appartenaient déjà à l'ancien sanctuaire dès le XVe siècle.

"Ici reposent dans l'attente de la Résurrection..."

Cette inscription gravée dans le grès du sol de la nef centrale ne peut manquer de surprendre. A cet emplacement sous le dallage subsiste un caveau voûté en tonneau, avec un étroit accès en escalier. Il est divisé en deux compartiments en son milieu par un mur diaphragme. Dans sa partie ouest, donc vers l'autel, ont été inhumés plusieurs religieux notables du prieuré, ce dès 1703...

La partie est du caveau abrite les restes de quelque cinq ou six autres corps, des laïcs.

            Deux portes latérales à doubles vantaux percées dans le mur sud donnent accès à la Chapelle de la Réconciliation, accolée à la nef et meublée de part et d'autre de confessionnaux le long des murs. Elle était prévue depuis plusieurs années mais le projet n'a pu se concrétiser qu'après la guerre de 1939-45, de pair avec la galerie extérieure.

            Remarquons sans cet endroit calme, à la lumière et à l'atmosphère feutrées, un très bel ensemble réalisé en différents marbres polis du plus heureux effet, comprenant autel et baptistère, agrémentés de sobres figures ornementales de bronze poli et patiné.

            Une admirable Pietà du début XVIe siècle complète cet ameublement.  Provenant sans doute elle aussi de l'ancienne église, œuvre de grande qualité et fort expressive, elle a très bien conservé sa dorure et sa polychromie qui datent apparemment des années du début du XXe siècle.

            La basilique a été restaurée en totalité, toitures et extérieurs, dallages, murs et mobiliers intérieurs, à partir de 1983. Disons qu'elle avait bien besoin de cette opération de remise en état après soixante années de lente et inévitable dégradation, tant du point de vue aspect ou esthétique que de celui, plus grave, de la stabilité de son architecture...

            C'est à présent chose faite et la sereine beauté du lieu a retrouvé, pour certain nombre d'années, sa fonction d'incitateur à la méditation, de contact avec le Créateur...

  Louis WIEDERKEHR,

Février 2001



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